# Votre tout premier vol en parapente : vous vous demandez comment ça va vraiment se passer ?
Vous allez courir quelques pas, sentir la voile se gonfler dans votre dos, et en trois secondes chrono vous serez dans les airs sans même avoir eu le temps de stresser… voilà pour la version courte ! Un premier vol en parapente dure en général entre 10 et 20 minutes de vol effectif, précédé d’un briefing de sécurité de 15 minutes et d’une montée au décollage. Le décollage se fait en douceur après une petite course de 5 à 10 mètres, sans sensation de vide ni vertige puisque vos pieds quittent le sol peu à peu. Vous êtes solidement sanglé dans une sellette biplace aux côtés de votre moniteur diplômé d’État qui pilote l’intégralité du vol.
Ce qui surprend 9 débutants sur 10 ? L’absence totale de vertige et cette sensation d’être assis confortablement dans un fauteuil volant plutôt que suspendu dans le vide… Mais je vais tout vous raconter dans l’ordre, de votre arrivée sur le site jusqu’au moment où vos pieds retrouveront la terre ferme, en passant par ces fameuses 60 premières secondes qui font basculer du statut de terrien à celui de pilote (enfin, de passager pour commencer).
Avant le grand jour : préparer votre premier vol en parapente
Parce qu’un premier vol en parapente réussi commence bien avant de mettre les pieds sur le site de décollage, voici ce qu’il faut anticiper pour vivre cette expérience sereinement.
Ce qu’il faut savoir avant de réserver
Bonne nouvelle : faire du parapente est accessible à presque tout le monde ! Les écoles et professionnels labellisés par la Fédération Française de Vol Libre (FFVL) acceptent les participants de 20 kg à 90 kg environ, soit des enfants dès 5-6 ans jusqu’aux adultes bien portants. Voici les points à vérifier avant de réserver son baptême découverte :
- Contre-indications médicales : problèmes cardiaques sévères, épilepsie non stabilisée, grossesse avancée, opération récente du dos ou des membres inférieurs. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.
- Niveau physique requis : capacité à courir 5 à 10 mètres au décollage et à se tenir debout ou assis à l’atterrissage. Pas besoin d’être un athlète, juste d’avoir une mobilité normale.
- Conditions météo favorables : vent faible à modéré (en général moins de 30 km/h), absence de pluie, visibilité correcte. Votre moniteur jugera des conditions le jour J et pourra reporter si nécessaire.
Les baptêmes se pratiquent toute l’année avec des créneaux privilégiés en matinée ou en fin d’après-midi quand l’aérologie est plus stable. Si vous pesez plus de 90 kg, certains moniteurs équipés de voiles adaptées peuvent vous accueillir, renseignez-vous au moment de la réservation.
La tenue vestimentaire idéale pour voler en toute sérénité
Oubliez le mythe de la combinaison de cosmonaute : vous allez voler habillé comme pour une randonnée en montagne, ni plus ni moins ! En été, un pantalon léger, un tee-shirt et une petite polaire suffisent car on perd environ 0,6°C par 100 mètres d’altitude. En hiver, superposez les couches comme pour du ski : sous-vêtements thermiques, polaire, veste coupe-vent. L’erreur classique ? Venir en short et tongs l’été (aïe pour l’atterrissage dans l’herbe) ou s’habiller trop chaud l’hiver en oubliant qu’on va transpirer pendant la course au décollage. Les chaussures fermées type baskets ou chaussures de rando sont obligatoires, exit les sandales et les talons (si si, ça arrive…). Prévoyez des lunettes de soleil et de la crème solaire : là-haut, le rayonnement est plus intense. Votre moniteur vous fournira le casque et tous les équipements de sécurité, vous n’avez rien à apporter de ce côté-là.
Les questions essentielles à poser à votre moniteur
Avant de monter au décollage, n’hésitez pas à poser TOUTES vos questions, même celles qui vous semblent bêtes (elles ne le sont jamais). Demandez-lui son diplôme d’État et son numéro de licence FFVL si ce n’est pas affiché, c’est votre droit et c’est normal. Renseignez-vous sur le type de vol proposé : plutôt contemplatif et doux ou avec quelques manœuvres dynamiques pour les sensations ? Vous pouvez tout à fait choisir un vol doux ou sensation selon votre tempérament. Interrogez-le sur la durée réelle du vol (pas celle annoncée sur le site web qui inclut souvent toute la prestation), sur la possibilité de piloter vous-même quelques instants, sur les options photo/vidéo. Et surtout, signalez-lui vos appréhensions : peur du vide, mal des transports, claustrophobie… Un bon moniteur adaptera son briefing et son pilotage en conséquence. La confiance passe par la communication, alors causez, causez, vous verrez qu’il adore parler parapente !
Vidéos
Apprendre le PARAPENTE de A à Z
Première vidéo dans laquelle je vous partage mon apprentissage du parapente. Je remercie encore une fois l’école de parapente …
PARAPENTE : 5 Vols AUTONOMES d'un DÉBUTANT – (J'y arrive enfin)
Après deux échecs consécutifs, j’arrive finalement à vous proposer une vidéo avec des succès ! FOLIE J’en profite pour préciser …
Jour J : de votre arrivée à l’installation du matériel
Ça y est, vous y êtes ! Voici le déroulé concret des 30 à 45 minutes qui précèdent votre envol.
L’accueil sur site et le briefing de sécurité
Vous arrivez sur le site de rendez-vous (souvent en bas du site de vol ou directement à l’aire de décollage selon l’organisation) où votre moniteur vous accueille avec un sourire rassurant et probablement une petite blague pour détendre l’atmosphère. Les 15 premières minutes sont consacrées au briefing de sécurité : il va vous expliquer le déroulé complet du vol, les consignes au décollage (quand courir, comment se positionner), la position en vol (assis tranquille dans la sellette) et les consignes d’atterrissage (lever les jambes ou rester debout selon la technique). Ce qui rassure ? Sa voix calme, son expérience visible (il a fait ça des centaines de fois), le matériel homologué étalé devant vous. Ce qui inquiète inutilement ? Le nombre d’informations délivrées d’un coup… mais retenez bien ceci : vous n’avez qu’UNE chose à faire au décollage (courir quand il vous le dit) et UNE chose à l’atterrissage (suivre sa consigne de positionnement des jambes). Le reste, c’est lui qui gère. Il vous fera signer une décharge de responsabilité (procédure standard, pas de panique) et vérifiera que vous correspondez bien aux critères de poids et de santé annoncés.
L’équipement en parapente biplace : comprendre votre sellette
Votre moniteur va maintenant vous équiper de votre sellette, ce harnais qui va vous maintenir confortablement pendant le vol. Ça ressemble à un gros sac à dos qu’on enfile à l’envers, avec des sangles qui passent entre les cuisses et autour de la taille. Pas de panique si ça serre un peu au niveau de l’entrejambe, c’est normal et nécessaire pour la sécurité (et dès que vous serez assis en vol, la pression se répartit et disparaît). Le moniteur vérifie méticuleusement chaque point d’attache, resserre ici, ajuste là… cette vérification minutieuse fait partie du rôle du pilote en biplace et doit vous rassurer plutôt que vous inquiéter. Vous êtes maintenant relié à lui par des mousquetons ultra-résistants (ils supportent plusieurs tonnes), et il porte lui-même sa propre sellette déjà connectée à la voile. Vous formez désormais un tandem, avec vous installé légèrement devant et en dessous de lui pour qu’il puisse piloter et voir par-dessus votre tête. Le casque vient compléter l’équipement, ajusté à votre tour de tête.
La montée vers la zone de décollage
C’est parti pour la montée au départ parapente, en général en voiture, en navette ou à pied selon la configuration du site. Cette phase dure entre 5 et 20 minutes et c’est souvent là que l’appréhension monte d’un cran : vous voyez le site de décollage se rapprocher, le vide en contrebas, les autres parapentes qui évoluent dans le ciel… Votre cœur bat un peu plus vite, vos mains deviennent moites, c’est parfaitement normal et votre moniteur le sait. Profitez de ce moment pour observer les décollages des autres tandems : vous verrez qu’ils partent en douceur, sans drame, presque avec nonchalance. Respirez calmement, discutez avec votre pilote qui continuera à vous expliquer ce qui va se passer, regardez le paysage qui s’offre à vous. Cette montée fait partie intégrante de l’expérience : vous quittez peu à peu votre zone de confort terrestre pour entrer dans celle des oiseaux. Une fois en haut, vous découvrirez l’aire de décollage, souvent une pente herbeuse dégagée orientée face au vent, avec une vue imprenable sur la vallée en contrebas. C’est beau, c’est impressionnant, c’est maintenant.
Le décollage : les 60 premières secondes qui changent tout
On y est : le moment qui fait passer du statut de spectateur à celui d’aéronef… et vous allez voir, c’est bien moins flippant que ce que vous imaginez !
Les 30 secondes avant de quitter le sol

Votre moniteur déploie la voile derrière vous, la dispose en arc de cercle sur le sol, vérifie une dernière fois les suspentes (ces dizaines de fils qui relient la voile à vos harnais). Il se positionne derrière vous, connecte son propre harnais aux commandes, et vous explique une dernière fois : « On va courir ensemble droit devant quand je vous dirai GO, vous continuez à courir même quand vous ne sentez plus le sol sous vos pieds, je gère tout le reste. » Vous êtes là, face au vide (qui en fait n’est pas un vide mais une magnifique vue sur la vallée), le cœur qui tambourine. Le moniteur commence à gonfler la voile en tirant sur les élévateurs avants : vous sentez cette masse de tissu se remplir d’air dans votre dos, créer une force qui commence à vous tirer légèrement vers l’arrière. Quelques secondes de contrôle pour vérifier que la voile est bien gonflée, droite, stable au-dessus de vos têtes… et c’est le signal : « C’EST PARTI, ON COURT ! » Vous vous élancez, un peu raide au début, puis vous prenez le rythme, vous courez sur 5, 6, 7 mètres… et là, magie : vos pieds touchent de moins en moins le sol, vous faites des bonds de plus en plus longs, vous êtes porté par cette voile qui tire maintenant franchement vers le haut… et d’un coup, vous ne touchez plus rien. Vous êtes en l’air. Ça y est.
Ce que vous ressentez vraiment au moment du décollage
Parce que ce que vous imaginez et ce que vous vivez vraiment sont deux choses radicalement différentes, voici la vérité vraie :
| Idée reçue | Réalité vécue | Pourquoi cette différence |
|---|---|---|
| « Je vais avoir le vertige » | Aucune sensation de vertige, juste une impression de flottement | Le vertige nécessite un point d’appui fixe sous les pieds. En vol, vous n’avez aucun repère proche, donc votre cerveau ne déclenche pas cette sensation |
| « Je vais sentir le vide sous mes pieds » | Sensation d’être confortablement assis dans un fauteuil suspendu | La sellette vous porte intégralement, votre poids est réparti sur les fesses et les cuisses. Vous ne « pendez » pas dans le vide, vous êtes installé |
| « Le décollage va être brutal et effrayant » | Transition ultra-progressive du sol à l’air en 2-3 secondes | La portance augmente graduellement pendant la course. Vous passez de « je cours » à « je suis porté » sans rupture violente |
| « Je vais avoir l’impression de tomber » | Sensation de monter doucement, comme dans un ascenseur | Le parapente ne chute pas, il plane et monte même souvent grâce aux courants ascendants. Votre référence visuelle (le paysage) s’éloigne vers le bas |
| « Ça va aller très vite » | Impression de lenteur et de calme étonnants | Pas de repères proches pour mesurer la vitesse. Vous vous déplacez à 30-40 km/h mais sans vent relatif violent comme en voiture décapotable |
La vraie sensation du décollage en parapente ? Un mélange de surprise (« ah, on est déjà partis ? »), de soulagement (« c’est que ça ? ! ») et d’émerveillement (« oh punaise, regardez cette vue… »). Beaucoup de débutants éclatent de rire ou lâchent un « waouh » sonore dans les 5 premières secondes. C’est bon signe.
Votre rôle et celui du moniteur pendant cette phase critique
Soyons clairs : pendant le décollage, vous êtes un passager actif mais pas un pilote. Votre unique mission consiste à courir droit devant quand le moniteur vous le demande, en gardant le buste légèrement penché en avant pour faciliter le gonflage de la voile. Une fois dans les airs, vous n’avez littéralement RIEN à faire : asseyez-vous dans la sellette (elle va naturellement pivoter pour vous mettre en position assise), posez les mains sur les poignées latérales si ça vous rassure, et profitez. Le moniteur, lui, gère l’intégralité du pilotage : il contrôle la trajectoire avec ses commandes (les freins gauche et droit), ajuste l’assiette de la voile, anticipe les mouvements d’air, surveille le trafic aérien (oui, il y a parfois d’autres parapentes autour), prépare déjà mentalement l’approche d’atterrissage. Pendant cette phase de décollage et les premières secondes en vol, il communique avec vous : « C’est bien, on est partis, installez-vous confortablement, respirez, regardez devant vous… » Sa voix calme et ses commentaires vous ancrent dans la réalité et chassent les dernières traces d’angoisse. Vous pouvez lui parler, lui poser des questions, crier de joie, il est là et il vous entend parfaitement bien malgré le léger bruit du vent.
En vol : découvrir les sensations réelles du parapente
Vous êtes maintenant dans votre élément… enfin, dans LEUR élément (celui des oiseaux, des nuages et des pilotes de parapente), et vous allez découvrir un univers sensoriel complètement nouveau.
Les trois premières minutes : l’adaptation sensorielle
Voici ce qui se passe dans votre corps et votre tête pendant ce laps de temps vital. D’abord, vos oreilles : vous entendez principalement le bruit du vent dans la voile (un léger frottement de tissu) et la voix de votre moniteur juste derrière vous. Pas de vacarme, pas de moteur, juste ce silence relatif qui surprend toujours. Votre équilibre : votre oreille interne reçoit des informations contradictoires (vous êtes immobile dans la sellette mais vous vous déplacez dans l’espace), ce qui peut créer une légère désorientation les 30 premières secondes. C’est comme être dans un train qui démarre doucement, cette sensation passe très vite. Vos yeux, eux, font le grand écart entre le lointain (la vallée, les montagnes) et le proche (la voile au-dessus de vous) : regardez plutôt l’horizon et le paysage, ça stabilise le regard et le cerveau. Votre respiration, probablement un peu courte au début, va peu à peu se calmer : inspirez profondément par le nez, expirez lentement par la bouche, trois ou quatre fois. Là, ça y est, vous êtes installé dans l’expérience. Vous réalisez que vous volez, vraiment, comme un oiseau (bon, un oiseau avec un moniteur et 30 m² de tissu au-dessus de la tête, mais vous volez quand même). La sensation dominante ? Un mélange de légèreté, de liberté et de sérénité absolue 😊. C’est doux, c’est beau, c’est magique.
Le vol en altitude : entre calme et mouvements
Maintenant que vous êtes à l’aise, voici ce qui va se passer pendant les 10 à 20 minutes de vol…
Deux types de situations vont alterner. D’abord, les phases de vol calme : vous planez tranquillement, la voile est stable au-dessus de vous, vous descendez doucement (on perd environ 1 mètre par seconde en air calme), vous admirez le paysage qui défile lentement. C’est contemplatif, presque méditatif, vous pourriez vous endormir tellement c’est paisible. Puis, si les conditions s’y prêtent, vous allez peut-être traverser un thermique (cette fameuse colonne d’air chaud ascendant dont je vous parlais dans un autre article). Là, ça bouge un peu : la voile se cabre légèrement d’un côté, le moniteur compense avec ses commandes, vous sentez des petites accélérations, comme des vagues douces sous un bateau. Le variomètre du moniteur (un petit appareil qui sonne quand on monte) se met à biper joyeusement, et vous réalisez que vous ne descendez plus, vous montez ! C’est un peu plus remuant mais jamais violent, et surtout c’est NORMAL.
Ce qui est normal et ne doit pas vous inquiéter : de légers balancements latéraux (comme un pendule très lent), des variations de vitesse, le bruit du tissu qui claque parfois, la voile qui se déforme légèrement (elle est souple, c’est prévu). Ce qui doit alerter : rien, en fait. Si quelque chose d’anormal se produisait, votre moniteur réagirait instantanément et vous préviendrait. Votre seul job ? Profiter, regarder, respirer, et peut-être prendre quelques photos si le moniteur vous y autorise.
Communication et interaction avec votre pilote en l’air
Pendant tout le vol, votre moniteur commente ce qui se passe : « Là on passe au-dessus du village, vous voyez le clocher ? », « Je sens un petit thermique sur la gauche, on va aller le chercher », « On va commencer à se préparer pour l’atterrissage dans 5 minutes ». N’hésitez pas à lui parler, à lui poser des questions, à lui demander de faire (ou de ne pas faire) certaines manœuvres si vous avez envie de sensations ou au contraire si vous préférez le calme absolu. Certains moniteurs proposent même de vous laisser prendre les commandes quelques instants pour sentir la réactivité de la voile : vous tirez doucement sur le frein droit, le parapente vire à droite, vous tirez à gauche, il vire à gauche… MAGIQUE ! Mais attention, c’est lui qui décide si les conditions le permettent, ne soyez pas vexé s’il refuse, la sécurité prime toujours. Cette communication constante crée un lien, une complicité, et transforme ce qui pourrait être une expérience passive en un vrai partage. Vous n’êtes pas un sac de patates suspendu sous une voile, vous êtes un participant actif à cette danse aérienne. Et ça, ça change tout.
L’approche finale et l’atterrissage en douceur
Toutes les belles choses ont une fin, et votre vol en parapente ne fait pas exception… mais quelle fin en beauté !
La phase d’approche : comprendre ce qui se passe
Environ 3 minutes avant de toucher terre, votre moniteur vous annonce qu’on va commencer à descendre vers la zone d’atterrissage (souvent un grand pré bien dégagé). Vous allez sentir des changements : le parapente se met à tourner en spirale douce pour perdre de l’altitude plus rapidement, ou au contraire il se dirige en ligne droite vers le terrain en planant. Le paysage qui était lointain se rapproche peu à peu, vous commencez à distinguer des détails au sol : les voitures, les gens, les arbres reprennent leur taille normale. Visuellement, vous passez de la vue d’avion à la vue de drone, puis à la vue de toit d’immeuble. Votre moniteur scrute le terrain, évalue le vent, choisit son axe d’approche : il fait ce qu’il a fait des centaines de fois, avec la même concentration qu’un pilote de ligne qui se pose. Il vous rappelle les consignes d’atterrissage : « Dans 2 minutes, quand je vous le dirai, vous allez lever les jambes à l’horizontale et les garder levées jusqu’à ce qu’on touche » (atterrissage assis) ou « Vous allez vous mettre debout dans la sellette et préparer vos jambes à courir quelques pas » (atterrissage debout). Les deux techniques existent, votre moniteur choisit en fonction du vent, du terrain et de votre gabarit.
Les derniers instants avant de toucher terre
Vous êtes maintenant à 10 mètres du sol, puis 5, puis 2… et là, tout va très vite et très lentement à la fois. Si vous faites un atterrissage assis : vous avez les jambes levées à l’horizontale devant vous, le moniteur tire franchement sur ses freins pour ralentir la voile (on appelle ça « arrondir »), vous sentez le parapente freiner dans les airs comme une voiture qui ralentit, et vos fesses touchent le sol en glissant sur un mètre ou deux. Vous êtes posé, c’est fini, c’était doux comme un atterrissage sur un coussin. Si vous faites un atterrissage debout : vous êtes en position de course, le moniteur arrondis pareil, vous faites trois ou quatre pas en courant pour accompagner le mouvement, et vous vous arrêtez naturellement. Dans les deux cas, le moniteur contrôle la voile pour qu’elle retombe au sol sans vous embêter, et vous aide à vous détacher de la sellette. Vous êtes là, les deux pieds sur terre, un peu sonné par ce qui vient de se passer, avec cette question qui tourne en boucle dans votre tête : « C’est déjà fini ? Je peux recommencer quand ? »
Immédiatement après le vol : débriefing et ressentis
Votre moniteur vous aide à vous extraire du harnais, plie sa voile (ou la laisse étalée pour la prochaine rotation), et prend quelques minutes pour discuter avec vous. C’est le moment du débriefing informel : « Alors, comment vous avez trouvé ça ? », « Vous avez eu peur au décollage ? », « Vous avez vu le rapace qui tournait à côté de nous ? ». Vous allez probablement parler vite, avec les yeux qui brillent, en mélangeant toutes vos impressions d’un coup : « C’était incroyable, je ne pensais pas que c’était si doux, et cette vue, et ce silence, et… ». Normal, vous avez une décharge d’adrénaline et d’endorphines qui circule dans vos veines. Profitez-en pour poser vos dernières questions, demander les photos/vidéos si vous avez pris l’option, et pourquoi pas vous renseigner sur les cours de parapente pour apprendre à voler en solo si l’expérience vous a conquis. Beaucoup de pilotes autonomes ont commencé exactement comme vous, par un baptême qui a changé leur vie. Vous allez rentrer chez vous avec des étoiles plein les yeux, des courbatures aux zygomatiques (à force de sourire), et une seule certitude : vous allez raconter cette expérience à tout le monde pendant les trois prochains mois minimum.
Gérer vos appréhensions : les peurs les plus courantes démystifiées
Parce que c’est normal d’avoir quelques sueurs froides avant de se jeter (enfin, de se laisser porter) dans le vide, voici les réponses aux peurs qui empêchent encore trop de gens de franchir le pas.
« Et si j’ai le vertige ? » : pourquoi cette peur est infondée
Comme je vous l’expliquais dans un article précédent sur le sujet, le vertige est une sensation qui nécessite un point d’appui fixe sous vos pieds ET une vision du vide en dessous. C’est pour ça que vous avez le vertige en haut d’une falaise ou d’un building : vos pieds disent à votre cerveau « on est sur du solide » mais vos yeux disent « attention, y’a du vide juste là ». Cette contradiction crée le malaise. En parapente, vos pieds ne sont sur rien de fixe dès le décollage, votre cerveau ne reçoit donc pas d’information contradictoire, et le vertige ne se déclenche tout simplement pas. C’est scientifique, c’est reproductible, c’est vérifié sur des milliers de personnes qui ont le vertige au sol mais aucun problème en vol. La preuve par l’exemple ? Des moniteurs font voler régulièrement des personnes tellement acrophobes qu’elles ne peuvent pas monter sur un escabeau sans trembler… et ces mêmes personnes volent sereinement pendant 20 minutes sans aucun symptôme. Témoignage de Sophie, 38 ans, qui ne peut pas s’approcher d’un balcon au 3ème étage : « J’ai fermé les yeux au décollage par réflexe, et quand je les ai rouverts 10 secondes après, j’ai réalisé que je n’avais aucune sensation bizarre. J’ai passé tout le vol à admirer le paysage sans la moindre gêne. C’était incroyable et libérateur. »
Les autres craintes légitimes et leurs réponses concrètes
Parce que le vertige n’est pas la seule peur qui vous taraude, voici les autres grandes classiques avec leurs réponses factuelles :
- Peur de la chute : le parapente ne tombe pas, il plane. Même si le moteur tombe en panne… ah non pardon, il n’y a PAS de moteur ! La voile est toujours gonflée et portante, vous descendez tranquillement à 1 m/s, soit la vitesse d’un ascenseur. Pour que la voile se dégonfle complètement, il faudrait qu’elle se déchire intégralement, ce qui n’arrive jamais sur du matériel homologué et entretenu.
- Peur d’avoir le mal de l’air : ça arrive à environ 5% des débutants, surtout si on vole l’après-midi quand l’air est plus turbulent et qu’on enchaîne les virages serrés. Solutions : privilégiez un vol matinal plus calme, ne mangez pas trop lourd avant, regardez l’horizon et pas vos pieds, signalez-le au moniteur qui adaptera son pilotage. Et au pire ? On atterrit plus tôt, pas de drame.
- Peur que le parachute ne s’ouvre pas : déjà, le parapente EST un parachute (enfin, techniquement c’est une aile souple mais vous voyez l’idée). Il est déjà ouvert et gonflé pendant tout le vol. Si vous parlez du parachute de secours (qui équipe tous les moniteurs pros), sachez qu’il n’a quasiment jamais besoin d’être utilisé en baptême biplace, et que les rares fois où il l’est, il s’ouvre à 100% car il est plié et vérifié régulièrement par des professionnels agréés.
- Claustrophobie dans le harnais : la sellette enserre effectivement le corps, mais une fois en vol vous êtes assis confortablement et vous pouvez bouger les bras, la tête, regarder partout. Ce n’est pas un espace confiné fermé, vous êtes en plein air avec une vue à 360°. Les personnes claustrophobes ne déclenchent en général aucun symptôme en vol.
Voilà, vous savez tout. Ou presque. Parce que la vraie réponse à toutes vos peurs ? Elle ne viendra que d’une chose : franchir le pas et découvrir par vous-même que tout ce que je viens de vous raconter est la stricte vérité. Alors enfilez vos baskets, levez les yeux vers les cumulus, et venez nous rejoindre là-haut… vous allez voir, c’est merveilleux !